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L'arrivée d'Arlequin dans ma vie

L'arrivée d'Arlequin dans ma vie - Jason Veitch

J’ai découvert que ma voisine avait un nouveau chat, quand j’ai vu l’animal couché sur ma table de jardin. Je me suis approché en le grondant, mais il n’a pas bougé un poil pour descendre. Il a même continué, en étant méticuleux, à se laver la patte avant droite. Son insolence m’irrita, mais cela ne le troublait absolument pas. Près de lui, j’ai continué à parler fort pour le faire partir, et il releva sa tête, finalement, pour me lancer un regard digne d’un pharaon dérangé par un esclave. J’étais plus surpris qu’outré. J’entendis la voix de ma voisine, Carole ; elle appelait le dénommé Arlequin. Il se leva alors, passa entre mes jambes à une allure formidable, puis il se faufila entre deux bosquets d’arbustes avant de disparaître. Ma première rencontre avec lui resta gravée dans ma mémoire.

Comme je suivais un Traitement douleur bas du dos Terrebonne, j’étais redevenu plus dynamique. Chaque matin, je faisais un tour de ma cour arrière, et je profitais de ce moment de solitude pour méditer. Le félin ne revint pas pendant plusieurs jours, mais il me surprit alors que j’étais dans la posture du lotus, en pleine méditation. Concentré sur le bout d’un encens qui brûlait, je n’entendis ni ne vis Arlequin arriver. Il s’installa sur mes genoux, comme si j’avais été un coussin pour chat toute ma vie. Très détendu, je ne me suis pas énervé. Au contraire, la chaleur du corps de l’animal n’était pas si désagréable. Lorsque je suis sorti de mon état méditatif, je l’ai caressé et il s’est mis à ronronner. C’est ce jour-là qu’il m’a conquis.

Maintenant, quand Carole part dans un de ses fréquents déplacements professionnels, je m’occupe de son compagnon à poils. J’apprécie sa présence, et je l’invite même à venir chez moi, si sa maîtresse est absente plusieurs semaines. C’est amusant d’avoir un animal à domicile qui ne m’appartient pas. Il connaît bien ma maison, à présent, et il vient me voir chaque jour, même lorsqu’il n’est pas seul. Je me suis habitué à sa présence. Il est discret et il ne miaule que très rarement. Son jeune âge lui donne encore envie de jouer, et je lui envoie des boules de papier qu’il saisit au vol. Ce jeu est son préféré. Parfois, il m’offre une souris ou un mulot. Je suis bien obligé de le remercier, mais je pars bien vite jeter le présent au fond du jardin.

À propos de l’auteur :

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