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Ma mère et moi

Ma mère et moi - Jason Veitch

Cela fait quelques mois que j’ai rompu le contact avec ma mère. Le fait est qu’on était toujours en désaccord et que de fil en aiguille, notre relation a tellement dégradé, que lors de ma dernière visite, je lui ai claqué la porte au nez. Une situation qui a fait de la peine à ma femme, Élodie, et sans doute aussi ma mère. Sans vouloir être trop arrogant, j’avouerai que cette séparation m’a également attristé. En effet, avant de connaître Élodie, ma mère était ma meilleure amie, ma confidente et celle qui me comprenait le mieux. Elle était toujours près de moi, quoiqu’il puisse arriver, elle m’appuyait quels que soient mes problèmes. Et même, il y a quelques années, j’ai eu un grave accident de moto, ma mère était toujours là à mes côtés, à mes chevets et satisfaisant tous mes besoins en tant que malade. Toujours est-il qu’après cette hospitalisation, elle me considère comme un enfant inconscient et non comme un adulte marié. À chaque visite, elle me prenait toujours comme un bébé sous son aile, me conseillant de tout et de rien et me disant à chaque fois ce que je devais faire. Des situations et des propos qui me mettaient à chaque fois, dans un état d’énervement total. Ma femme l’avait remarqué et essayait à chaque fois de me faire décompresser. Mais bon ! Ce soir-là, la coupe était pleine, et je n’ai plus eu envie de la revoir. Néanmoins, cela fait exactement huit mois que je ne lui ai plus adressé la parole. Seule ma femme demandait de ses nouvelles au téléphone de temps en temps, moi, rancunier comme je suis, je boudais. Un comportement qui m’a fait repenser à elle, car elle avait raison, je suis toujours un gros bébé boudeur. Un soir, Élodie me prend la main durant le souper et me lance, « ta mère vient manger chez nous ce dimanche ! » Un coup de poing dans le ventre, fallait-il que je sois fâché de ne pas avoir demandé mon avis, ou devrai-je la remercier, car ma mère me manque. J’ai juste souri en acquiesçant l’initiative. Le dimanche venu, ma mère sonna à la porte que j’ouvris. Elle n’a pas changé et m’a fait un gros câlin tout en me lançant, « Ah ! Mon gros bébé, tu m’as tellement manqué ». Moi, de mon côté, j’ai souri en la serrant très fort. Elle m’a également manqué. Cette partie d’accolade terminée, on a pris le chemin de la véranda et nous nous sommes placés sous l auvent voile pour prendre un apéritif avant le dîner. On s’est raconté la période vécue durant l’éloignement, et ses conséquences. Un moment de rire et de retrouvailles qui nous a de nouveau rapproché ma mère et moi, grâce à ma femme.

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